mardi 2 juin 2009
vendredi 15 août 2008
Ou va le PS ?
Juillet 2008 : Démantèlement du droit social
Si la droite à une cohérence, reconnaissons lui celle de l’idéologie libéraliste et de la suite dans les idées, pardon dans l’idée. «En remettant en cause la hiérarchie des accords qui obligeait un accord d'entreprise à être au moins aussi favorable aux salariés que l'accord de branche qui l'encadrait, le gouvernement ouvre la porte à un formidable démantèlement du droit social. Désormais un chef d'entreprise pourra fixer le temps de travail de ses salariés dans une négociation dont il sera le maître du jeu, sans aucune autre limite que la durée maximale de 48 h de la directive européenne » dit l’économiste de gauche Pierre Alain Muet. Autrement dit un libéralisme juste tenu en muselière par des « plafonds humanitaires » et encore… quand on voit les pressions psychologiques pour faire démissionner des employés ayant 50 ans et un jour dans de grandes entreprises… ou les suicides. Les socialistes inaudibles ? Peu de visibilité, très peu de relais médiatique en tout cas. Je note que les socialistes s’engagent dans la voie ouverte par Pierre Larrouturrou et s’expriment pour comparer les temps de travail en France avec les autres grands pays industrialisés. Reste à expliquer « le pourquoi » de cet acharnement de la droite sur les 35 heures et sur un détricotage s’échelonnant sur 2003, 2004, 2005, 2007 et 2008.
La droite n’a pas d’idées mais un objectif
On peut et on doit contester les chiffres avancés par la droite, mais il y a un effet « ma parole contre votre parole », vos chiffres contre nos chiffres. Bataille des idées ? Même pas ! La droite n’a pas d’idées mais un objectif : elle se confond historiquement avec le patronat et la question des 35 heures en est la preuve la plus évidente.
Pourquoi la droite ment ?
Faire de la prospective c’est avant tout regarder en arrière pour savoir ou l’on va ! A Marseille cette image devient bien plus parlante : si vous êtes sur un bateau à moteur en regardant vers l’arrière vous verrez facilement par la trace laissée par le sillage si votre embarcation vire à droite ou a gauche ou garde son cap. La première constatation est que la droite a toujours été contre l’amélioration du cadre de vie des travailleurs.
L’amélioration du cadre de vie des travailleurs.
Voila un mot important ! Car il englobe tout ce que la gauche a arraché au patronat et à la droite depuis le 19ème siècle : les congés payés, l’hygiène et la sécurité au travail et bien sur la diminution du temps de travail. Comme si la différentiation des classes sociales ne devait se faire que par l’oppression : l’abrutissement au travail. Comme massue, comme camisole chimique au « ne rien changer ». Il y a bien sur un débat nouveau de « finalité économique » qui vient s’ajouter par-dessus celui du temps de travail. Travailler encore plus pourquoi faire ? Devons nous entrer en récession ou courir après la croissance et « croitre » pourquoi ? Pollution, déforestation, réchauffement climatique, énergies fossiles, ce nouveau monde n’est-il pas l’occasion de tout remettre à plat après un 20eme siècle assez contrasté et dévastateur. Est-ce que l’amélioration du cadre de vie de tout un chacun n’est pas un idéal pouvant se décliner politiquement et économiquement ? En tous les cas il n’en prend pas le chemin avec une droite française retrouvant des accents de brutalité d’avant guerre.
Que veulent la droite et le patronat ?
Un monde ou l’employé est embauché le matin et débauché le soir même. Une petite structure plus ou moins stable et une plèbe corvéable à merci sur lequel le chantage a l’emploi devient l’arme régulatrice des conditions de travail et de salaire. Je n’exagère même pas, regardez :
- le confit Bosch (le passage, obtenu en 2004, aux 36 heures payées 35 dans son usine de Vénissieux pour éviter une délocalisation et maintenant à l’échèle nationale)
- Dunlop fait du chantage à l'emploi à Amiens pour obtenir les 4x8
- Auchan accusé de chantage à l'emploi…
Voulons nous de ce monde la ?
Mais à bien y regarder ce n’est plus vraiment la droite « politique » qui propose mais la droite « économique » via son bras occulte, le Medef syndicat patronal.
- Sécurité Sociale : départ du MEDEF avec pour slogan “ Quitter pour reconstruire ”.
- « En avant l’Entreprise, en avant la France » : c’est le slogan du MEDEF qui a décidé de présenter ses propositions pour les prochaines échéances électorales.
- Forum de Strasbourg : « Réformer la protection sociale ».
- Forum de Marseille : « Améliorer l’attractivité de la France ».
Si le Medef a été le meilleur relais de droite contre les 35 heures, il a aussi produit des dégâts en ré-augmentant la pénibilité au travail. Comment ? Tout simplement en récupérant ici ou la tout ce qu’il pouvait sur le dos des salarié : ici un temps de pause, la, la réduction du temps à passer sur le façonnage d’une pièce, ou des objectifs commerciaux révisés à la hausse. Ce qui a engendré une augmentation des accidents du travail et du stress. Le pire est d’entendre des idéologues de droite annoncer que ces effets pervers viennent… des 35 heures !
La communication politique.
la communication à droite :
- un seul cheval de bataille : les 35 heures (et dire qu’ils parlent de bataille des idées…)
- un seule idée déclinée sur tous les tons.
- un une logique de la culpabilisation (Michel Godet artisan des heures sup pour la droite parle ainsi : il faut que les fourmis travaillent plus pour améliorer la vie des cigales, il parle aussi « des français qui se lèvent pour travailler », sous entendant que les autres prennent du plaisir à dormir).
- Avantage : un message clair, facilement martelable, relayable, identifiable, déclinable à loisir, l’argument fini par devenir réalité.
- Inconvénient : critique devenant obsessionnelle (on finit par tout y rapporter), manque de d’alternative au débat.
La communication à gauche :
- Contester la droite dans l’argumentation économique.
- Répondre au coup par coup.
- Avantage : afficher auprès de l’opinion la crédibilité d’un discours économique de gauche.
- Inconvénient : toujours un temps de retard (courir après la droite dans l’argumentation), illisibilité du message car relayé par plusieurs officines socialistes sans hiérarchisation.
Au fond, à gauche, il n’y a pas de communication !
Mais bien plus si nous regardons cette communication elle ne développe pas son propre schéma, sa propre vision concrète du futur. Communiquer c’est investir sur le futur. Puisqu’il n’y a pas de chef, qui va décider « où investir et sur quoi » ? Nous avons juste un parti au bord de l’implosion, récoltant mécaniquement des fonds et que personne ne veut quitter sous peine de perdre le magot.
Nouvelle Gauche – Urgence Sociale
C’est ici que la contribution « urgence sociale » prend tout son sens. Parce qu’avant de prendre la parole au nom des socialistes de France il serait de bon ton que la maison socialiste se reconstruise non pas autour d’une ambition, mais autour de valeurs simples que personne ne peut ignorer. Ces bases sont aussi des objectifs, mesurables, attestant de l’évolution du travail des socialistes pour préparer une nouvelle alternative. C’est cette crédibilité qui nous manque. Personne ne sait vraiment ce que ferait Pierre ou Paule s’ils venaient au pouvoir. Alors voter pour eux, pourquoi faire ? Ce que propose la contribution « urgence sociale » c’est de redonner un cadre de travail au parti, montrer que l’on a quelque chose à dire, a faire indépendamment des personnes qui pourraient incarner cette volonté politique.lire la suite...
Libellés : 35 heures, acquis sociaux, Nouvelle Gauche, Patronat, PS
vendredi 25 juillet 2008
PS ? abonné à l'absence
En cette période de hold up par la droite de notre temps de vie (voir l'article de Libé sur les Cadres) il serait bon de revenir sur ce que la droite et le patronat ont été et seront toujours.
Mais voici hélas aussi, ce que le PS ne rappelle jamais et qui pourrait éclairer la stratégie finale de la droite et d’un patronat ne voyant pas plus loin que son prochain « golden parachute».
"Travailler plus" nous dit la droite et le patronat ? Non ! Juste récupérer. Rendre corvéable à merci le salarié en le rendant "salarié précaire", rendre privé le filet social est tuant la sécurité sociale au seul bénéfice des assurances privées. Cela fait des années (fin de la menace communiste ?) que le patronat cherche à récupérer les acquis sociaux qu’il a été obligé de céder durant les deux derniers siècles.
Les "ponts" de mai comme les 35 h constituent pour le patronat et la droite des cibles qu’ils cherchent à détricoter progressivement : la canicule de 2003 en fut l’occasion et le premier ministre d’alors mit en place cet acte incroyable de suppression d’un jour férié :
- naturellement sous le couvert "marketing" d'une bonne action pour la collectivité,
- étrangement payable uniquement par les travailleurs. Les principales avancées sociale gagnée par la Gauche. il est enfin interdit d'employer : Sans commentaire… Tous ces acquis que nous trouvons « naturels » actuellement on été refusé par la Confédération générale du patronat français (CGPF), patronat de l’époque comme il refuse avec toujours les mêmes arguments (et c’est ce qui est frappant) les acquis d’aujourd’hui.
Ainsi contre les congés payés les réactions patronales furent :
Morales : La hantise de l'oisiveté, "mère de tous les vices", occupe les esprits, notamment à droite. Les opposants à la loi craignent "la destruction d'une certaine morale du labeur "
C’est une connotation très chrétienne, il y a manifestement
des ponts idéologiques entre l’Eglise et le patronat : exemple les chartes du travail obligeant les salariés en dehors des jours travaillés à aller à la messe le dimanche matin. Économiques : Voici la saga de vos congés payés
(d'après Reed Business Information / Prat Editions)
D'ou viennent vos congés payés ?
Chaque fois que l'on donne du temps aux salariés pour souffler , la droite se déchaine contre ces mesures sur l'air bien connu du "l’économie française ne s’en relèvera pas" !
Les congés payés ? C’est la gauche du Front populaire de Léon Blum en 1936, qui donne le droit pour tous les salariés à 12 jours ouvrables de congés payés chaque année ET les "40 heures".
A cette époque la cote d'azur et les plages étaient principalement réservées aux riches et aux rentiers oisifs. Voir débarquer la plèbe...horreur ! Le patronat français depuis le 19eme siècle a cédé (pas de bonne grâce) sur la notion de temps de travail sans que jamais la droite ne l'accepte.
janvier 1813
un décret interdit de faire descendre dans les mines les enfants de moins de 10 ans. Sans commentaire…
mars 1841
1848.
La journée de travail est limitée à 10h ! jamais appliqué
par le patronat qui obtient l’année suivante le retour à 12h par jour et
l’interdiction des regroupements ouvrier (finalement reconnus en 1884 soit 40 ans de pouvoir suprême pour le patronat). Je n'ose imaginer de nos jours un patronat réclamant le retour au 39h.
1892
La journée de travail limitée à 11H pour les femmes et les
enfants de moins de 18 ans ! les hommes eux restent toujours à 12h
1893
lois sur les normes d'hygiène et de sécurité du travail (cela
semble inhumain de penser qu’avant cette date rien n’obligeait un patron à dépenser pour du « non rentable » comme la sécurité et l'hygiène)
1898
lois sur les accidents du travail. (voir mon commentaire sur 1893)
1913
Loi instituant le repos des femmes en couches
1914
Loi interdisant certains travaux aux femmes et aux enfants.
1936
les congés payés : Léon Blum réuni le patronat français et la CGT pour obtenir :
1906
un jour de repos hebdomadaire.
1936
deux semaines de congés payés (réformes du Front populaire).
1956
troisième semaine de congés payés (accordée un an plus tôt par (Renault).
1965
quatrième semaine de congés payés.
1982
cinquième semaine de congés payés.
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Libellés : 35 heures, acquis sociaux, congés payés, Droite, Patronat, PS
Nouvelle Gauche ou pourquoi je m’investis. (acte II)
Dans la première partie de mon engagement je disais « Et puis j’ai le souvenir de Rennes… »… une phrase restée en suspend, annonciatrice du terrible chaos dans lequel se trouve le PS. Mais dans lequel se trouverai finalement n’importe quel parti politique si un « chef naturel » (mot barbare intraductible mais finalement si parlant) ne se dégageait. Et ce chaos nous donne un PS, bateau ivre sans capitaine à la barre, un planeur porté par les vents qui ne s’écrase jamais mais qui ne va nulle part. La droite pulvérise les 35 heures, se targue d’avoir repris la « bataille des idées » quand elle ne cherche qu’une revanche, 27 ans après 1981, sur un parti socialiste alors à la pointe du bouillonnement idéologique. Alors oui, j’ai le souvenir de toutes les luttes, de toutes les avancées sociales que la gauche a arraché face à une machine de droite rodée à transmettre la peur et l’angoisse au dessus de nos têtes. Les 35 heures en sont un bon exemple Pulvérisées par la droite ? Normal, la droite a toujours historiquement été le relais du patronat (voire de l’église) nous le verrons plus loin. Ce qui l’est moins c’est de voir le PS abandonner son « peuple » à la seule défense de ses acquits. Ce qui l’est moins c’est ce formidable coup de boutoir qui, de 1995 à aujourd’hui (13 ans !), a laissé en toute impunité les médias de droite fissurer un droit à vivre mieux. Le PS tout entier ressemble a un petit garçon pris a la faute et qui regarde la pointe de ses souliers dès que l’on brandi « la faute aux 35 heures si l’économie française va mal », car voyez vous ce ne sont jamais ceux qui ont dirigés la France les fautifs. Ce PS là trouve t-il encore des militants ? Est-il à la hauteur des aspirations au mieux vivre de millions de français(es) ? Le congrès de Reins sera le sacre ou le tombeau ? Pire, un sacré tombeau ? Qui a intérêt à quoi ? C’est hélas et probablement ce qui se passera. en attendant le ps est vraiment aux abonnés absents sauf... pour les plans "comm" !
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